Les droits de l’homme à travers l’histoire
De cet état de fait, on parlera alors de droits de l’homme, faisant fi des différences ethniques, culturelles ou religieuses, prônant uniquement comme seule source de légitimité, l’appartenance au genre humain. Ainsi, tout être humain, quel qu’il soit et où qu’il soit dispose de droits inaliénables, opposables en toutes circonstances à la société et au pouvoir.
Cette doctrine mettant l’être humain au dessus de toute chose remonte aux débuts même de l’humanité, durant l’antiquité, où on reconnaissait déjà certains droits inhérents à la qualité d’homme, à l’exemple des Dix Commandements, délivrés par Dieu à Moise, au sommet du mont Sinaï. On retrouve également ce courant de pensée dans des écrits littéraires ou encore philosophiques des premières civilisations.
Toutefois, le meilleur exemple de texte traitant de ces droits inaliénables de l’être humain, qui nous est parvenu, reste de cylindre de Cyrus le Grand, grand roi des perses et conquérant de Babylone, considéré comme la « première charte des droits de l’homme ».
En effet, faisant suite à la prise de Babylone par les perses en -539, Cyrus libéra les peuples déportés, notamment les juifs, fait prisonniers par Nabuchodonosor, après la chute de Jérusalem. Il décréta également l’abolition de l’esclavage, la liberté de choix de profession et surtout, la liberté de religion à travers tout l’empire perse. Cyrus le Grand est l’un des premiers exemples de ce que Voltaire appellera plus tard, un despote éclairé.
Le moyen âge connaîtra également sa part d’écrits, tel la Magna Carta de 1215, qui protégeait contre le pouvoir totalitaire des rois d’Angleterre, mais aussi les militants pour les droits de l’homme, à l’image de Bartolomé de Las Casas.
Certes, le cylindre de Cyrus est une innovation en matière de droits de l’homme, mais il faudra attendre 1789 et la révolution française pour que soit réellement proclamée un texte faisant état des droits de l’homme : la déclaration des droits de l’homme et du citoyen, qui vit le jour le 26 août 1789, au sortir de l’ancien régime, fortement influencée par le Bill of Rights américain, du 12 juin 1776.
L’évènement majeur dans l’histoire mouvementée des droits de l’homme est sans doute la création de l’ONU (Organisation des Nations Unies), et avec elle, la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, de 1948.
revenir en hautLa déclaration Universelle des Droits de l’Homme
La Déclaration Universelle des Droits de l’Homme de 1948 reste à ce jour la principale preuve tangible de la prise de conscience de l’humanité entière, quant aux droits naturels de chaque personne, et qu’aucune autre ne peut lui retirer. Ce sont des droits inaliénables et universels.
Ainsi, différents organismes ont été spécialement mis en place, afin de veiller sur le respect de ces droits, comme le Conseil des droits de l’homme de l’ONU, en 2006.
revenir en hautLes théories
La notion de droits de l’homme en elle-même reste floue, mais certains standards existent, semblables à des repères jetés en plein océan, preuve du respect ou non de ces droits si précieux, tel la liberté, la sureté, la propriété…
Théoriquement, en matière de droits de l’homme, on distingue quatre générations de droits.
La première génération recouvre les droits civils, basés sur le pouvoir de faire ce que l’on veut, et les droits politiques qui est du domaine de la liberté de penser. Ces droits sont considérés comme libertés résistances car opposable à l’Etat.
La deuxième génération de droits, les droits économiques et sociaux, contrairement aux droits de la première génération sont des libertés créances, donc ayant recours à l’intervention de l’Etat, comme le droit au travail ou encore le droit à la sécurité sociale.
La troisième génération met l’accent sur la solidarité, et la quatrième sur les droits globaux, en rapport avec l’homme en tant qu’espèce.
revenir en hautDroits de l’homme et Etat : en conflit ?
On est souvent tenté de penser que les démocraties garantissent le respect total des droits de l’homme. Pourtant, par définition, la démocratie est le pouvoir du peuple, fait par le peuple et pour le peuple. La démocratie est donc à proprement parler l’expression de la volonté générale, ce qui la met en contradiction avec les droits de l’homme, basés sur la personne en temps qu’individu simple.
Ainsi, le pouvoir de faire tout ce que l’on veut, un des principes même des droits de l’homme est ici mis en jeu, le droit de l’individu étant contrebalancé par le choix de la majorité, représenté par la loi.
D’un autre côté, il est possible pour l’Etat de restreindre les droits individuels, afin de préserver les populations sous sa responsabilité, notamment en instaurant les instances judiciaire, ou dans une mesure plus importante, comme lors des crises nationales ou en temps de guerre, en instaurant la loi martiale.
Il y a ici un glissement imperceptible d’un Etat démocratique vers un Etat autoritaire. Les droits de l’homme posent donc le problème de la souveraineté et du pouvoir de l’Etat face à ses gouvernés.
revenir en hautLes droits de l’homme : une arme ?
Les droits de l’homme, entre les mains des grandes puissances représentent une arme, un casus belli.
En effet, brandissant haut les principes des droits de l’homme, et sous le couvert de les faire respecter, certaines puissances n’hésitent pas à s’ingérer dans la vie des autres Etats souverains, et même à attenter à leur intégrité. L’exemple de la conquête de l’Amérique, sous couvert de l’évangélisation des Indiens et, plus proche de nous, l’ingérence américaine en Irak illustrent clairement ce genre de dérive, de l’utilisation des droits de l’homme au profit d’une nation, et au détriment d’une autre.
La possibilité d’existence de tels abus au nom des droits de l’homme à permis l’émergence de critiques, contestant fortement le bien fondé de ces principes.
revenir en hautLes critiques
En premier lieu, nous pouvons parler de Jeremy Bentham, prouvant que la loi ne peut contrôler les droits naturels, car ces derniers, en tenant compte de l’existence de droits inhérents à la personne leur sont postérieur. Les droits de l’homme, en tant qu’individu, ne peuvent donc mener logiquement qu’à l’anarchie.
D’autres comme Thomas Hobbes distingue les fruits des droits de l’homme comme étant, en premier lieu la guerre, et par voie de conséquence le despotisme.
Certains, plus subjectifs, voient dans les droits de l’homme, une invention de l’occident, ce géant convoitant avec envie toutes les richesses du monde.
Les droits de l’homme sont des droits fondamentaux, basés sur l’être humain lui-même. Vu son importance, certaines institutions, comme Amnesty International, se sont voués totalement à cette cause, n’hésitant pas à dénoncer toutes formes de violations de ces droits, même au cœur de l’une des plus grandes nations démocratiques du monde : la prison américaine de Guantanamo.
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