La Terre fait aujourd’hui face à divers challenges écologiques qui menacent son avenir et celui de ses habitants. La lutte contre le réchauffement climatique est certainement le plus grand défi du XXIème siècle et scientifiques et écologistes se donnent la main pour y trouver une solution durable. Néanmoins, la machine est déjà engagée et la plupart des dégâts causés par la destruction progressive de l’environnement sont considérés comme irréversibles. Les plus pessimistes prédisent la montée des océans, la disparition de plusieurs pays, la raréfaction de l’eau potable et l’inversion des saisons sur divers continents comme conséquences à moyen terme du réchauffement climatique. Tous les scénarios sont possibles, et c’est ce qui a, entre autres raisons, conduit à la création des réserves naturelles, pour constituer des réserves de sécurité pour la planète, avant qu’il ne soit trop tard.
Une réserve naturelle est une portion de territoire qu’une autorité administrative, préfecture, municipalité, autorité régionale, départementale ou nationale dans certains cas, classe comme une zone protégée dans un but particulier de conservation. La première réserve naturelle reconnue comme telle serait apparue au Sri Lanka en l’an 2000. Depuis, presque chaque pays de la planète possède ses propres réserves naturelles, érigées selon ses propres lois et reconnaissant quelques principes communs : la protection de la zone contre les dégradations causées par les activités humaines, et la participation financière de l’Etat, souvent appuyée par des bailleurs de fonds étrangers dans les pays les plus pauvres, à sa gestion. Il existe différentes sortes de réserves naturelles et il est intéressant de les connaître pour mieux les respecter.
Les réserves naturelles peuvent être catégorisées suivant deux critères distincts : le but qu’elles poursuivent et leur classe administrative. En ce qui concerne le premier critère, il faut dire que la majorité des réserves naturelles sont destinées à protéger l’environnement, c’est-à-dire la nature (la faune et la flore) contre toute détérioration. Des portions de territoires considérées comme vulnérables sont ainsi fermées au public, dans le sens où les activités humaines y sont généralement interdites, même si des visiteurs sont autorisés à y pénétrer, et sont mises sous la gestion d’organismes particuliers chargés de leur bonne gestion. Des marais salants, des types de végétations particuliers (forêts primaires, mangroves, etc.), des habitats naturels d’animaux, des lieux de reproduction animale, des sites archéologiques riches en fossiles, etc., peuvent ainsi acquérir le statut de réserve naturelle si les autorités compétentes le jugent opportun. Mais il y a aussi les réserves naturelles destinées à protéger un patrimoine particulier qui est constitué par des réalisations humaines exceptionnelles (constructions primitives, sites funéraires, etc.) indissociables de leur environnement naturel immédiat. En un mot, les réserves naturelles peuvent poursuivre plusieurs buts à la fois, et elles peuvent être terrestres ou marines, selon la spécificité des sites ou des animaux à protéger. Aucune limitation de superficie ne s’applique aux réserves naturelles et leur périmètre est librement défini par les autorités qui les créent.
Le second critère, c’est-à-dire le classement des réserves naturelles selon la qualité de l’autorité qui est à l’origine de leur création, divise généralement les réserves naturelles en réserves nationales, régionales ou particulières. En France par exemple, il existe aujourd’hui 159 réserves naturelles nationales, 170 régionales et 6 particulières qui sont situées en Corse. Dans d’autres pays, des réserves naturelles communautaires habitées par des minorités ethniques, d’autres gérées par des organismes non étatiques et d’autres encore qui sont totalement consacrées à la recherche existent. La classification et la fonction des réserves naturelles dépendent donc en grande partie de leur localisation géographique et du pays où elles se trouvent.
revenir en hautLa France fait office de référence en matière de création et de gestion de réserves naturelles et elle est aujourd’hui considérée comme un modèle par plusieurs pays. La plus grande réserve naturelle du pays se trouve en Guyane et s’étend sur près de 100 000 hectares. Le succès des réserves naturelles françaises s’explique en grande partie par le sérieux de leur organisation. L’organisme chargé de la gestion de chaque réserve naturelle doit par exemple élaborer et présenter un plan de travail à renouveler tous les 5 ans. Ce plan conditionne l’obtention de ressources et de subventions de la part de l’Etat et il doit donc être bien ficelé. La gestion de la réserve est ensuite soumise au contrôle d’un comité consultatif et d’un comité scientifique qui posent des balises fort utiles. Aujourd’hui, des organismes internationaux comme l’Unesco contribuent activement à la vulgarisation de ce mode de gestion, surtout dans les pays en voie de développement, pour que les réserves naturelles remplissent pleinement leur rôle et ne soient plus les otages de malversations politiques et financières.
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Le Grand Canyon